Yourtes

Couleur Yourte étant implanté dans la région Nord, connue pour son climat pluvieux et venteux, nous attachons une importance particulière à la solidité de nos yourtes, à leur étanchéité et à leur arrimage.

La solidité:

Nous utilisons des montants de portes et de fenêtres épais car ce sont ces montants qui supportent le report des charges : la ceinture qui emprisonne ces charges sur le haut des murs/treillis, en retenant les poussées horizontales des perches de toit, s’accroche sur ces montants et leur fait subir une traction égale à celle qu’elle supporte elle-même. Par exemple 10cm de neige sur une surface de 40 m2 représente 4m3 de neige, soit en moyenne deux tonnes qui seront pour partie supportées en charges verticales par les murs/treillis, et pour partie supportées en charges horizontales par la ceinture et les montants. Imaginez qu’il neige 30 cm pendant votre sommeil et ce sont six tonnes (imaginez six voitures ) que votre yourte devra supporter jusqu’à ce que vous entrepreniez de la soulager en déblayant la neige.

De la même façon les treillis que nous réalisons sont denses, c’est à dire serrés, avec un grand nombre de lattes, ce qui augmente proportionnellement leur résistance aux charges verticales et leur stabilité aux poussées horizontales du vent. Comme la couronne et les perches de toit, ils sont réalisés en frêne, qui est un bois semi-dur, noble, souple et stable à la fois, d’un prix plus abordable que les autres bois durs, et surtout régional.

La couronne est un assemblage de planches de frênes soigneusement dégauchies, collées au polyuréthane et vissées. Sa section offre un diamètre d’environ 10 à 13 cm ce qui la rend extrêmement résistante, même percée comme elle l’est pour recevoir les perches de toit. Ses arrêtes sont fortement chamfreinées pour affiner son apparence. Ainsi nos couronnes sont très solides tout en ayant une forme harmonieuse.

L’étanchéité :

La toile extérieure est étanche et respirante. Les zones qui craignent le passage de l’eau sont les coutures. C’est pourquoi nous utilisons une épaisseur de fil adaptée à la largeur de l’aiguille utilisée lors de la couture

Lorsque la yourte est posée sur un tapis de sol PVC au lieu d’un plancher, le retour vertical du tapis au niveau des menuiseries nous a poussé à concevoir des menuiseries spécifiques qui garantissent une étanchéité parfaite tant à l’eau du sol qu’aux courants d’air qui peuvent passer par le bas du treillis, sachant que la yourte reste évidemment très respirante au niveau des murs et du toit.

Nous séparons la toile de toit des toiles de mur pour réaliser un débord de toit qui a quatre avantages : éviter(1) les écoulements d’eau sur les murs, ce qui les rend environ trois fois plus pérennes (seule la toile de toit sera à changer au bout de quelques années), renforcer(2) le bas de la toile de toit d’un fourreau contenant une sangle à cliquet qui vient emprisonner le bout des perches et doubler la ceinture qui reprend les poussées horizontales du toit, permettre(3) l’ajout en bas du toit d’une bande de toile doublée de velcro qui fait office de casse-goûtte et qui permet d’ajouter à volonté des auvents en tissus pour se protéger de la pluie ou du soleil ou des gouttières en tissus pour récupérer l’eau de pluie ou éviter l’écoulement de l’eau venant du toit au niveau des portes lorsqu’il pleut, et enfin permettre(4) de tourner régulièrement la toile de toit pour répartir la plus grande usure qui a lieu au nord du fait de la moindre quantité de soleil reçue à cet endroit.

L’Arrimage :

Sur la yourte les cordes d’arrimages ne sont pas fixées sur la toile extérieure pour éviter que celle-ci ne soit arrachée en cas de forte rafale. Elles sont attachées directement à la sangle qui encercle la yourte dans le fourreau cousu en bas de la toile de toit.

Au sol, nous utilisons des piquets croisés qui rendent l’arrachement quasi impossible. Un vent violent qui soulèverait la yourte pourrait sans difficulté arracher plusieurs piquets simple, même enfoncés  profondément (nous l’avons expérimenté), car l’arrachement se produit alors quasiment dans l’axe des piquets (à 45 degrés prêt). En croisant deux piquets enfilés dans une articulation soudée, l’arrachement simultané de ces deux piquets suppose le soulèvement de toute la terre qui les entoure.

Enfin contre le soulèvement que peut subir la yourte par un vent qui s’y serait engouffré, nous attachons certaines perches de toit à la couronne pour rendre impossible leur déboitement et l’effondrement du toit, et nous utilisons des chapeaux de toits souples et indépendants (comme le font les mongols et les kirghizes depuis des siècles) qui encaissent la prise au vent par l’intérieur et le cas échéant subissent l’arrachement et évitent à la yourte de le subir. Ce chapeau est arrimé au sol indépendamment de la yourte.

Nous livrons éventuellement deux poteaux qui permettent de fixer la couronne au sol, ce qui est une garantie supplémentaire contre le soulèvement et les poussées horizontales.

Les Matériaux :

Pour les treillis, la couronne et les perches de toit, nous utilisons par défaut le frêne qui est un bois local aux propriétés idéales, mais nous pouvons travailler de  nombreuses autres essences selon votre demande (Douglas, Hêtre, Chêne, Châtaignier etc…) .

Pour les menuiseries, le frêne est peu adapté car ce n’est pas un bois d’extérieur. Nous pouvons travailler toutes les essences correspondant à cet usage.

Pour les toiles extérieures étanches et respirantes, nous proposons le lin, le coton, le coton/polyester(50/50), le polyester, ou l’acrylique. Nous conseillons l’acrylique pour 5 raisons :

  • écologiquement c’est la solution la moins pire en toile, la seule solution écologique étant le feutre de laine de mouton étanche,
  • il a l’avantage de se décliner en de nombreuses couleurs,
  • il est durable
  • c’est le moins cher.
  • il est très léger

Si on considère le fait que l’énergie grise d’un matériaux est d’autant moins importante qu’il est léger et qu’il est durable, le fait que l’acrylique soit polluant à la fabrication et à la destruction (il est neutre à l’usage) est très relativisé par sa légèreté et sa durabilité.

Le polyester est éco-compatible, moyennement durable (sensible aux UV), moyennement coûteux.

Le coton est plus cher, plus étanche au niveau des coutures car ses fibres se gonflent à l’eau (avantage obsolète dès lors qu’il y a un pare-pluie), moins déchirrable tant qu’il n’a pas pourri, beaucoup moins durable et pas écologique comme on le croit souvent à tort (consommation d’eau, de pesticides, transports, désastres sociaux). Un mélange coton/polyster est un compromis souvent utilisé pour allongé la durée de vie du coton.

Le lin est magnifique mais très très couteux et probablement encore moins durable (idéal quand on a les moyens et si on veut se faire plaisir avec une yourte qui ne sera montée qu’en belle saison).

Le choix du type de toile n’est pas évident quand on comprend que plus une toile est durable plus elle se salit et plus on a envie de la changer, ce qui est contradictoire. Certains fabricants proposent le PVC qui est très très durable mais non-respirant, ce qui implique de laisser circuler l’air entre la toile et l’isolant, technique qui nous échappe pour le moment (nous sommes assez sceptiques sur leurs prétentions). Personnellement nous n’utilisons le PVC que comme tapis de sol étanche et sur le bas des murs pour protéger des éclaboussures de la pluie. Nous insistons sur le fait que l’esprit de la yourte réside dans l’assemblage d’éléments éventuellement périssables et remplaçables. Si la structure en bois peut théoriquement tenir des siècles si elle est correctement protégée, le fait que la toile subisse les effets du temps et doive être changé ne doit pas vous rebuter : c’est à vous d’intégrer cette donnée en ne projetant pas sur la yourte le principe de pérennité qui vaut pour les édifices en dur. C’est à vous de faire en sorte que le vieillissement de la toile ne soit pas un problème psychologique mais uniquement une donnée économique qui se chiffre : lorsque vous achetez une yourte, vous devez comptabiliser le remplacement de la toile de toit au bout de 3 à 10 ans, le nombre d’année variant selon les régions, les usages et le type de toile, sachant que ce qui se joue c’est moins l’étanchéité que l’apparence qui en prend un coup lorsque des coulées verdâtres tâchent votre toile. C’est pourquoi le choix d’une couleur verte rendra finalement votre toile beaucoup plus durable d’une certaine façon que le choix de tel ou tel matériaux.

Pour les isolants il existe théoriquement un grand choix possibles. Nous conseillons le feutre de laine de mouton de 1 cm, spécialement adapté aux yourtes. Il n’est pas certifié contre le feu mais il est naturellement ignifuge (équivalent M2) : Il brûle sous l’effet dune source de chaleur, mais lorsque celle-ci disparaît le feutre cesse de bruler également.

Pour le plancher nous conseillons une structure en Douglas qui est un bon compromis entre prix, durabilité et écologie (ce peut aussi être de l’épicéa traité à très faible coût ou au contraire un bois plus noble). Cette structure, si elle est surhaussée, peut reposer sur des plots en bois, qui sont préférables écologiquement et esthétiquement. Ces plots selon leur essence et leur traitement sont voués au pourrissement mais vous aurez tout de même 10 à 20 ans pour entreprendre de démonter votre yourte et de changer ces plots, ce qui sera de toute façon une occasion pour refaire une beauté à votre nid. L’isolant et le parquet sont au choix comme pour n’importe quel plancher d’intérieur.

Il est possible de réaliser un plancher démontable en « parts de gateau ». La surface sera par défaut en OSB, lequel pourra être recouvert d’un parquet flottant de votre choix. Le plancher démontable est plus onéreux.